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Niché au cœur du Val de Loire, entre Chambord, Valençay et Amboise, le Lion d’Or 1774 est bien plus qu’un hôtel : c’est un livre ouvert sur l’histoire de France. Tout commence au début du XVIe siècle, lorsque Jean Gitton, seigneur de Montgiron et proche de François Ier, fait édifier cet hôtel particulier de style Renaissance. À l’époque, ses murs abritent les premiers échevins et maîtres-drapiers de Romorantin, témoignant déjà du rayonnement de la ville.
Le destin bascule en 1774, à l’aube de la Révolution française. Le chanoine Nicolas Gitton, dernier héritier de la famille, cède le bâtiment à Pierre Boiffard, un aubergiste-restaurateur visionnaire. Ce dernier pressent le potentiel de ce lieu et en fait une adresse prisée, où l’on reçoit une clientèle triée sur le volet, « à pied, à cheval et en voiture ».
Le XIXème siècle marque un tournant : trois générations de la famille Fouque Lacroix (Augustin, François et Achille) transforment l’établissement en un « Grand Hôtel », moderne pour l’époque, doté de gaz à tous les étages et d’un jet d’eau ornant la cour intérieure. Les inventaires de la cave révèlent même la présence de grands crus, preuve d’un art de vivre déjà assuré.
L’histoire du Lion d’Or est aussi celle d’une famille. En 1961, Colette et Alain Barrat reprennent les rênes de cette maison riche d’histoire, suivis en 1980 par leur fille Marie-Christine et leur gendre, le chef Didier Clément. Ensemble, ils perpétuent la tradition d’accueil tout en modernisant l’établissement. Les travaux récents, qui ont mobilisé plus de 100 tonnes de matériaux anciens, ont permis de restaurer l’âme Renaissance du lieu, tout en l’adaptant aux exigences contemporaines. Aujourd’hui, leur fille Hélène a rejoint l’aventure, faisant du Lion d’Or une affaire familiale sur trois générations.
En 2024, la famille Clément a fêté un jubilé des plus rares : les 250 ans de l’hôtel-restaurant.
Situé dans le triangle d’or des Châteaux de la Loire, le Lion d’Or 1774 s’inscrit dans un territoire où l’histoire de France s’est écrite. Romorantin, où Léonard de Vinci rêvait en 1519 de bâtir une Cité Idéale, en est le parfait exemple. Les pierres racontent ici une époque, les salons évoquent les grands noms qui ont façonné la région.
Aujourd’hui, les voyageurs peuvent encore ressentir cette atmosphère unique, entre boiseries anciennes, cheminées monumentales et une cour intérieure arborée, où le temps semble s’être arrêté.